C'est le blocage numéro un, et il fait attendre des sites pendant des mois. Ce qu'on met à la place le temps de constituer un portfolio, comment récupérer des photos de chantiers déjà terminés, et les cinq règles pour photographier correctement au téléphone.
L'équipe Sur le Radar
Yasmine & Marius
« Je ferai le site quand j'aurai des photos. » Cette phrase a repoussé plus de sites d'artisans que le prix, le temps et la technique réunis. Elle repose sur une idée juste — un site sans preuve ne convainc pas — et sur une conclusion fausse : qu'il faudrait attendre. Voici ce qu'on met à la place, comment retrouver des photos qui existent déjà sans le savoir, et comment prendre les bonnes en trois semaines.
Le doute est fondé. Un site de plombier sans une seule salle de bains, un site de couvreur sans un seul toit : le visiteur ne voit que des promesses, et les promesses se ressemblent toutes. « Travail soigné », « devis gratuit », « plus de quinze ans d'expérience » — vos concurrents écrivent exactement les mêmes mots.
Mais reporter le site en attendant les photos revient à échanger un site imparfait aujourd'hui contre un site parfait dans six mois — six mois pendant lesquels vous n'apparaissez nulle part. Or le référencement se compte en mois : un site publié en août et complété en octobre sera mieux classé en janvier qu'un site publié en octobre. Le retard n'est pas neutre, il est cumulatif. Nous l'expliquons dans le délai pour créer un site vitrine : la mise en ligne et le classement sont deux horloges différentes, et la seconde ne démarre que quand la première a sonné.
Un site publié avec six photos moyennes bat un site parfait qui n'existe pas encore. La preuve s'ajoute ; l'ancienneté, non.
La question n'est pas « comment faire sans preuve » mais « quelle preuve ai-je déjà ». Vous en avez plus que vous ne le croyez, et certaines convainquent davantage qu'une photo floue de tuyauterie.
Avant de vous résigner, faites cette recherche : elle prend une soirée et donne un résultat neuf fois sur dix.
Commencez par la pellicule de votre téléphone. La plupart des artisans photographient leurs chantiers pour des raisons pratiques — justifier un supplément, montrer un défaut à un client, se souvenir d'un raccordement. Ces photos ne sont pas cadrées pour un site, mais parmi trois cents clichés, dix sont utilisables. Triez par date : les chantiers terminés en fin de journée donnent les meilleurs plans, parce que c'est le moment où c'est propre.
Ensuite, demandez à vos anciens clients. Un message court fonctionne bien : « Bonjour, je refais mon site internet. Est-ce que je peux passer prendre deux photos de la salle de bains qu'on a faite l'an dernier ? Je repasse quand ça vous arrange. » Le taux d'acceptation est élevé — un client content est fier du résultat. Demandez son accord par écrit, même informel, et ne montrez jamais de personne reconnaissable ni d'élément permettant d'identifier l'adresse sans autorisation explicite.
Regardez enfin du côté de vos fournisseurs et fabricants. Beaucoup mettent à disposition des visuels de produits qu'ils vous ont vendus — une chaudière, une gamme de menuiseries, un revêtement. Attention à la frontière : illustrer un produit que vous posez est légitime, présenter la réalisation d'un autre comme la vôtre ne l'est pas. Faire passer un chantier qui n'est pas le vôtre pour une de vos réalisations est une pratique commerciale trompeuse au sens du code de la consommation, et c'est aussi le genre de chose qu'un client finit par découvrir.
Vous n'avez besoin ni d'appareil ni de photographe. Un téléphone récent, cinq règles, et le résultat est publiable.
Voici la manière dont nous procédons avec les artisans qui démarrent sans rien. Elle a l'avantage de ne bloquer aucune étape sur la suivante.
Au bout de trois mois, vous avez un site publié depuis douze semaines — donc déjà connu de Google — et une page de réalisations qui s'est remplie toute seule. L'inverse, attendre les photos pour publier, donne un site neuf, invisible, et une page de réalisations tout aussi vide, parce que rien n'oblige à photographier tant que le site n'existe pas.
Un site d'artisan crédible n'a pas besoin de vingt photos. Il en demande six à huit, bien choisies : un portrait, deux avant-après, un plan large de chantier terminé, un détail de finition, et le véhicule. Le reste du travail de conviction se fait avec des mots précis et des avis.
Vous pouvez juger sur pièces : nos réalisations montrent des sites livrés avec des photos prises au téléphone par les artisans eux-mêmes. Et si vous préférez commencer par le canal qui donne des résultats le plus vite quand on n'a encore rien, c'est la fiche Google — nous en avons fait un guide complet.