Beaucoup de sites vitrines affichent un bandeau dont ils n'ont pas besoin, et d'autres en auraient besoin sans le savoir. Ce que dit la CNIL, les cas exemptés de consentement, et comment se passer du bandeau proprement.
L'équipe Sur le Radar
Yasmine & Marius
Presque tous les sites d'artisans qu'on nous confie affichent un bandeau cookies. Dans la moitié des cas il n'a aucune raison d'être là, parce que le site ne dépose rien qui demande un consentement. Dans l'autre moitié il est là mais bâclé, avec un gros bouton « Accepter » et un refus qu'il faut chercher. C'est précisément ce que la CNIL sanctionne. Voici comment trancher pour votre site.
La loi Informatique et Libertés, article 82, transpose la directive ePrivacy. Elle dit qu'il faut le consentement de l'internaute avant toute lecture ou écriture d'un traceur sur son terminal, sauf exceptions. Le consentement doit être un acte positif clair. Et refuser doit être aussi simple qu'accepter. C'est ce dernier point qui a valu des mises en demeure à de grands sites.
Un bandeau où « Tout accepter » est un bouton et « Refuser » un lien gris en petits caractères n'est pas conforme. Ce n'est pas une question de design. C'est le cœur de la règle.
Certains traceurs sont exemptés parce qu'on ne peut pas s'en passer pour faire fonctionner le service. La CNIL cite ceux qui gardent en mémoire le choix de l'utilisateur sur les traceurs, ceux d'authentification, ceux de panier d'achat, ceux qui personnalisent l'interface. Un site vitrine d'artisan n'en utilise en général aucun. Ou alors le premier, et c'est tout.
Le cas intéressant, c'est la mesure d'audience. Elle peut être exemptée, mais à des conditions strictes que la CNIL énumère.
Trois pratiques font tomber l'exemption. Recouper les données avec d'autres traitements, ou les transmettre à des tiers sans les anonymiser. Suivre la navigation d'une personne sur plusieurs sites avec un identifiant identique. Mesurer une couverture unifiée entre plusieurs sites.
Pour ces traceurs exemptés, la CNIL recommande aussi d'informer les visiteurs dans la politique de confidentialité, de limiter la durée de vie du traceur à treize mois sans renouvellement automatique, de conserver les données vingt-cinq mois au maximum, et de réexaminer ces durées de temps en temps.
Trois situations couvrent presque tous les cas.
Elle tient en une phrase. « Quels traceurs mon site dépose-t-il avant que le visiteur ait cliqué sur quoi que ce soit ? » Une réponse vague est déjà une réponse. Même réflexe que pour lire un devis de site internet sans se faire avoir : ce qui n'est pas nommé ne se vérifie pas.
Vous pouvez regarder vous-même. Ouvrez votre site dans une fenêtre de navigation privée, puis les outils de développement du navigateur, onglet Application ou Stockage. Si des cookies apparaissent avant que vous ayez cliqué où que ce soit, ils doivent entrer dans une des catégories exemptées. Sinon il manque le consentement.
En mettre un « au cas où » se paie. Ça dégrade l'expérience sur mobile, ça retarde l'affichage de votre numéro de téléphone, et ça ne protège rien du tout quand il n'y a rien à protéger. Un site vitrine sobre, sans traceur tiers, avec des mentions correctes et une politique de confidentialité lisible, est plus conforme et plus rapide qu'un site couvert de bandeaux.
Sources consultées le 11 août 2026 : la page Cookies : solutions pour les outils de mesure d'audience et la page Cookies et traceurs : que dit la loi ? de la CNIL. Cet article résume ces règles pour un cas courant ; il ne vaut pas analyse de votre installation, que seule une vérification technique de votre site peut trancher.