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    Obligations11 août 20268 min de lecture

    Vous faites vos factures sur Word ou sur un carnet : faut-il acheter un logiciel avant septembre ?

    Presque tous les articles qui vous disent d'acheter un logiciel sont écrits par des éditeurs de logiciels. Voici ce que les documents de l'administration fiscale disent réellement à une entreprise qui n'en a pas, et l'ordre dans lequel se poser les questions.

    L'équipe Sur le Radar

    Yasmine & Marius

    Vous faites vos factures sur Word ou sur un carnet : faut-il acheter un logiciel avant septembre ?

    Vous éditez vos factures sur Word, sur un tableur, ou sur un carnet à souches. Ça marche depuis quinze ans. Et depuis quelques semaines, tout ce que vous lisez vous explique qu'il faut acheter un logiciel avant septembre.

    Avant de sortir la carte bancaire, faites un test tout bête. Descendez au bas des articles qui vous disent ça et regardez qui les publie. Presque tous sont des éditeurs de logiciels. Un éditeur n'est pas neutre sur une obligation qui lui vend des licences. Voici ce que les documents de l'administration fiscale disent vraiment à une entreprise sans logiciel, et dans quel ordre se poser les questions.

    Première chose : aucun texte n'impose d'acheter un logiciel

    Ce qu'on vous impose, ce n'est pas un logiciel. C'est un canal. La fiche 1 de la DGFiP décrit la mécanique : « Les factures ne seront plus envoyées directement du fournisseur au client, mais seront transmises par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. C'est un prestataire de services informatiques immatriculé par l'administration fiscale selon une procédure bien spécifique. »

    Une plateforme agréée et un logiciel de facturation, ce n'est pas la même chose. Le logiciel fabrique le document. La plateforme le transporte dans le format normé et le remet à la plateforme de votre client. On peut très bien avoir l'un sans l'autre, et c'est justement le cas de figure que la fiche 1 traite.

    « Vous n'avez pas de logiciel ? Les plateformes agréées proposeront différents modes de création de facture en fonction de vos besoins. Ce sont elles qui seront chargées d'émettre la facture électronique et la transmettre vers la plateforme de votre client. » — Fiche 1, DGFiP, mise à jour juin 2026.

    C'est l'administration qui l'écrit, noir sur blanc. Une entreprise sans logiciel passe par les modes de création que propose sa plateforme. Personne ne vous oblige à acheter un progiciel de facturation par-dessus.

    Deuxième chose : ce qui tombe en septembre 2026 n'est pas l'émission

    La confusion vient de là. Le tableau de la fiche 1 distingue deux colonnes. Réception des factures : 1er septembre 2026 pour tout le monde. Émission des factures : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, 1er septembre 2027 pour les microentreprises et les PME.

    Le guide de démarrage publié en juillet 2026 le répète : « Pour les PME, TPE et micro-entreprises, cette obligation d'émission s'applique à compter du 1er septembre 2027. En revanche, toutes les entreprises concernées par la réforme doivent avoir la capacité de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. »

    Vos factures sur Word ou sur votre carnet ne deviennent donc pas non conformes le 2 septembre 2026. Elles le deviendront pour vos clients professionnels un an plus tard. Ce qui presse aujourd'hui, c'est de pouvoir recevoir. Et recevoir ne demande aucun logiciel de facturation, juste d'être rattaché à une plateforme.

    Une réserve, parce qu'elle est honnête. Le PDF envoyé par mail, lui, est bien exclu à terme. La fiche 1 écrit que « la facturation électronique, comme on peut l'entendre aujourd'hui, sous la forme de factures “papier” scannées, de PDF ordinaires, de document généré par le logiciel comptable puis envoyé par mail, etc. ne sera plus conforme à la réglementation ». Cela vise vos factures aux professionnels, à votre échéance d'émission.

    L'ordre dans lequel se poser les questions

    Voici la séquence qui évite d'acheter deux fois la même chose. Elle suit ce que recommandent les documents officiels, pas un argumentaire commercial.

    • Ai-je un expert-comptable ? Si oui, appelez-le en premier. Le guide de démarrage le cite explicitement parmi les voies possibles : « directement auprès d'une plateforme agréée ou par l'intermédiaire de sa solution habituelle : logiciel de gestion, logiciel de comptabilité, expert-comptable, banque ou autre prestataire ». Beaucoup de cabinets raccordent déjà leurs clients. Votre question est peut-être réglée sans que vous le sachiez.
    • Ma banque propose-t-elle le service ? Elle est dans la même liste. Si elle vous a envoyé un courrier sur le sujet, ce n'est pas de la publicité gratuite.
    • Ai-je déjà un outil de devis ? Beaucoup d'artisans utilisent un outil de devis-facture métier sans jamais le ranger dans la case « logiciel de comptabilité ». La fiche 1 conseille : « Prenez contact avec votre éditeur afin de connaître son positionnement au regard de la réforme ou s'il s'est déjà connecté à une plateforme agréée. »
    • Et seulement si les trois premières ne donnent rien, choisir une plateforme agréée en direct et utiliser ses modes de création de facture.

    Cet ordre n'est pas arbitraire. Les trois premières options passent par un prestataire que vous payez déjà. La quatrième est un abonnement de plus.

    Le piège du mot « compatible »

    C'est là qu'il faut ouvrir l'œil, parce que c'est là que ça coûte de l'argent. Sur les sites d'éditeurs on lit « compatible facturation électronique 2026 », « conforme Factur-X », « prêt pour la réforme ». Aucune de ces formules n'est un statut officiel.

    Le statut officiel s'appelle l'immatriculation comme plateforme agréée, et c'est l'administration fiscale qui le délivre. La liste est publiée sur impots.gouv.fr et mise à jour régulièrement. Elle a deux parties bien séparées, les opérateurs immatriculés d'un côté, ceux qui attendent encore de l'autre. La page officielle précise que « l'immatriculation définitive n'est accordée qu'après réussite des tests d'interopérabilité en conditions réelles ».

    La question à poser à un vendeur tient en une phrase. Quelle est la plateforme agréée à laquelle vous êtes raccordé, et sous quel nom figure-t-elle sur la liste d'impots.gouv.fr ? Un logiciel peut être excellent et se raccorder à une plateforme tierce, c'est parfaitement normal. Ce qui ne l'est pas, c'est une réponse floue.

    Nous ne vous recommanderons aucune plateforme. Ce serait un conseil, nous n'en donnons pas, et nous n'avons aucun partenariat. La liste officielle est le seul document qui fait foi.

    Et le carnet à souches ?

    Rien n'oblige à le jeter aujourd'hui. Pour vos clients particuliers, il reste hors du champ de la réforme, qui ne vise que les opérations entre assujettis établis en France. Pour vos clients professionnels, votre échéance d'émission est le 1er septembre 2027.

    Autant regarder les choses en face quand même. À cette échéance-là, une facture manuscrite remise à une entreprise ne passera plus par ce canal. La réforme demande une forme électronique normée, transmise par une plateforme. Ça ne justifie pas de tout changer dans les trois semaines. Ça justifie de ne pas découvrir le sujet en août 2027.

    Le guide de démarrage prévoit d'ailleurs une entrée volontaire anticipée : « Une entreprise dont l'obligation d'émission ne commence qu'au 1er septembre 2027 peut choisir d'entrer volontairement dans la facturation électronique avant cette échéance. » Et si l'essai échoue, elle peut, pour les flux concernés, « revenir temporairement à ses modalités habituelles de facturation ». Autrement dit, essayer tôt ne vous engage pas dans une impasse.

    Ce que nous ne savons pas et ne dirons pas

    Sur les pages officielles que nous avons consultées, nous n'avons trouvé aucune offre gratuite de l'État pour émettre ou recevoir. Le service passe par des opérateurs privés. Nous n'annoncerons pas de prix. Ils dépendent de chaque opérateur, et un chiffre inventé ici vous ferait arbitrer de travers.

    Nous ne citons aucun montant d'amende. Le guide de la DGFiP renvoie lui-même aux articles 1737, 1788 D et 289 bis du Code général des impôts sans en donner aucun. Et nous ne vous dirons pas ce qui s'applique à votre situation. Cet article n'est pas un conseil fiscal ou comptable.

    Ce que fait notre agence, et ce qu'elle ne fait pas

    Sur le Radar crée des sites internet pour les artisans. Nous ne vendons ni logiciel de facturation ni abonnement de plateforme, et nous ne touchons rien sur votre choix. C'est ce qui nous permet d'écrire un article qui commence par « vous n'avez peut-être rien à acheter ».

    Si votre problème du moment est ailleurs, si vos clients ne vous trouvent pas quand ils cherchent votre métier dans votre ville, alors là nous servons à quelque chose et notre offre est décrite ici. Sur la facture électronique, l'action rentable aujourd'hui est un appel à votre comptable. Pas un achat.

    Les sources de cet article

    Tout ce qui est entre guillemets ci-dessus est un copier-coller de l'un de ces documents, consultés le 11 août 2026. Aucune source de cet article n'est un éditeur de logiciel.

    Ce que cet article n'est pas

    Sur le Radar est une agence qui crée des sites internet pour les artisans. Nous ne vendons pas de logiciel de facturation, nous n'avons aucun partenariat avec une plateforme agréée, et nous ne touchons rien si vous en choisissez une plutôt qu'une autre. C'est ce qui nous permet d'écrire cet article sans rien vous vendre au bout.

    En contrepartie, nous ne sommes ni comptables ni fiscalistes, et cet article ne donne aucun conseil fiscal, comptable ou juridique. Il rassemble et cite des documents publiés par l'administration fiscale. Pour votre situation, la bonne personne est votre expert-comptable, ou l'administration elle-même.

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