Vous demandez trois devis pour votre site. Ils vont de 900 à 4 000 €, et vous ne savez pas dire pourquoi. Le problème n'est pas les prestataires, c'est que chacun a chiffré un projet différent. Voilà ce qu'un cahier des charges doit contenir pour que la comparaison ait un sens.
L'équipe Sur le Radar
Yasmine & Marius
Vous voulez un site. Vous demandez trois devis, comme on le fait pour une chaudière. Le premier annonce 900 €, le deuxième 2 400 €, le troisième 4 000 € plus 90 € par mois. Vous les posez côte à côte et vous n'arrivez pas à dire lequel est le bon.
Ce n'est pas que l'un vous arnaque. C'est que les trois n'ont pas chiffré la même chose. À 900 €, on vous vend cinq pages sur un modèle tout fait. À 4 000 €, quelqu'un écrit vos textes, photographie deux chantiers et construit dix pages de ville. Les deux répondent honnêtement à une question que personne n'a posée.
Quand vous appelez un maçon pour une terrasse, vous dites la surface, la finition et l'accès au chantier. Vous ne dites pas « je voudrais une terrasse » avant de vous étonner de l'écart entre les propositions. Pour un site, l'écart entre le minimum et le maximum est bien plus large que sur une terrasse, et pourtant la demande est presque toujours cette phrase-là.
Un cahier des charges ne sert pas à faire savant. Il sert à ce que trois personnes chiffrent le même objet. C'est tout, et c'est déjà beaucoup, parce que c'est la seule chose qui rend une comparaison possible.
Pas besoin de trente pages. Un document d'une page et demie fait le travail s'il répond à ces questions.
Quatre lignes, et ce sont celles qui coûtent cher quand elles manquent, parce qu'on s'en aperçoit au moment de partir.
Nous avons écrit un article entier sur ce point, parce que la question revient sans arrêt : louer ou acheter son site.
C'est la section qu'on oublie toujours, et celle qui évite les fins de chantier interminables. Un critère de recette est une phrase qui décrit quelque chose de vérifiable. Pas « le site doit être beau », mais « le numéro de téléphone est cliquable sur mobile ».
La règle qui nous sert de filtre : un critère n'est utile que si vous pouvez le vérifier vous-même, sans outil et sans compétence technique. Le site s'affiche correctement sur votre téléphone. Un devis envoyé depuis le formulaire arrive bien dans votre boîte mail, testé depuis un téléphone qui n'est pas le vôtre. Une adresse inexistante affiche une page « introuvable » et non l'accueil. Vous avez les identifiants de l'hébergement et du nom de domaine.
Ces phrases-là ne se discutent pas le jour de la livraison. C'est oui ou c'est non.
Nous avons mis en ligne un générateur de cahier des charges gratuit. Vous décrivez votre métier, votre zone, vos pages et votre budget ; il rédige le document complet, clauses de propriété et critères de recette compris. Vous le copiez ou vous le téléchargez, et vous l'envoyez tel quel.
Pas de compte à créer, et rien n'est envoyé nulle part : ce que vous tapez reste dans votre navigateur.
Envoyez-le à deux ou trois prestataires, jamais un seul. Quelqu'un qui reçoit un cahier des charges sérieux vous répond sérieusement, et ceux qui ne répondent pas vous auront appris quelque chose.
Il ne remplace pas un contrat. Il décrit ce que vous voulez, pas ce que vous signez. Le devis accepté et les conditions du prestataire restent les documents qui vous engagent.
Il ne vous dira pas non plus quel prestataire choisir. Le prix ne suffit jamais : demandez deux ou trois sites d'artisans déjà réalisés, avec leur adresse, et regardez-les depuis votre téléphone. C'est plus instructif qu'une plaquette.
Nous faisons ce métier, donc nous sommes juge et partie, et autant l'écrire. Notre offre et nos tarifs sont publics — vous pouvez les comparer aux autres sans nous appeler.