La location de site à 39, 49 ou 99 € par mois est partout, et presque toutes les pages qui en parlent la vendent. Voici le calcul du côté de l'acheteur : le total réellement payé, les trois questions du contrat qui décident de tout, et les deux cas où louer reste le bon choix.
L'équipe Sur le Radar
Yasmine & Marius
« Site internet tout inclus, 49 € par mois. » L'offre est partout, et elle est séduisante : pas d'avance de trésorerie, l'hébergement compris, quelqu'un à appeler quand ça casse. Le problème n'est pas l'offre. Le problème, c'est que quand on cherche à savoir si c'est une bonne affaire, toutes les pages qui répondent sont écrites par ceux qui la vendent. Voici le même calcul, posé de l'autre côté de la table.
La location de site est un abonnement qui regroupe trois choses qu'on paie normalement séparément : la fabrication du site (une dépense unique), l'hébergement et le nom de domaine (quelques dizaines d'euros par an), et une maintenance (mises à jour, sauvegardes, petites modifications). Étaler ces trois postes sur un loyer mensuel n'a rien de malhonnête en soi : c'est du crédit, et le crédit se paie.
Ce qui change tout, c'est ce qu'il reste quand on arrête de payer. Dans un achat, vous gardez le site. Dans une location, la plupart du temps, il s'éteint. C'est la seule ligne du contrat qui compte vraiment, et c'est rarement celle qu'on met en avant.
Les tarifs ci-dessous sont ceux affichés publiquement par des offres françaises de location de site, relevés le 11 août 2026 : 39 € par mois pour l'entrée de gamme, 49 € par mois pour l'offre la plus répandue, jusqu'à 99 € par mois pour les formules avec référencement. Le reste est de l'arithmétique, que vous pouvez refaire au dos d'un devis :
Face à cela, un site acheté se paie une fois. Les fourchettes réelles pratiquées en France sont détaillées dans notre guide des prix ; pour fixer les idées, nos propres offres sont à 699 € et 990 €. À ces montants, il faut ajouter ce que la location incluait et qui reste à votre charge : le nom de domaine, entre 10 et 20 € par an selon l'extension, et l'hébergement d'un site vitrine, quelques dizaines d'euros par an.
Un site loué 49 € par mois coûte plus cher qu'un site acheté dès le quinzième mois environ — et à partir de là, chaque mois payé n'achète plus rien.
Le point de bascule n'est pas une opinion, c'est une division. Prenez le prix d'achat qu'on vous propose, divisez-le par le loyer mensuel : vous obtenez le nombre de mois au bout duquel la location devient plus chère. 990 divisé par 49 donne un peu plus de vingt mois. Passé ce délai, la question n'est plus « est-ce que je peux me le permettre » mais « qu'est-ce que je continue d'acheter ». Souvent, la réponse est : le droit de continuer à utiliser un site qui ne m'appartient pas.
Vous n'avez pas besoin de lire vingt pages de conditions générales. Trois questions suffisent, et elles se posent par écrit, avant de signer. Un prestataire sérieux répond aux trois en trois lignes.
Une précision qui surprend beaucoup d'artisans : les protections du code de la consommation sur la reconduction tacite, notamment son article L. 215-1 qui oblige à vous rappeler la date limite de résiliation, sont écrites pour les consommateurs et les non-professionnels. Quand vous signez pour votre entreprise, vous signez comme professionnel — et ces protections ne s'appliquent pas automatiquement. Le contrat que vous signez est la loi que vous aurez. Lisez la clause de durée avant la clause de prix.
Cet article n'est pas un réquisitoire. Il y a deux situations où la location est la décision rationnelle, et il serait malhonnête de ne pas le dire.
Le premier cas, c'est la trésorerie. Une entreprise qui démarre, qui n'a pas encore encaissé son premier chantier, et pour qui sortir 900 € d'un coup est impossible : mieux vaut un site loué qui ramène un client qu'un site acheté qui n'existe pas. Un client obtenu en octobre paie l'abonnement de toute l'année. La location est alors un crédit, et un crédit qui finance un outil de production est un bon crédit — à condition de refaire le calcul au bout de deux ans.
Le second cas, c'est le besoin temporaire ou incertain : une activité qu'on teste, une saison, une seconde marque dont on ne sait pas encore si elle tiendra. Payer un site pour dix-huit mois et l'arrêter proprement coûte moins cher que d'acheter un site qu'on abandonne.
En dehors de ces deux cas, le calcul penche vers l'achat, et il penche d'autant plus vite que votre activité est stable. Un plombier installé depuis huit ans dans la même commune n'est pas dans une situation d'incertitude : il est dans une situation d'investissement.
La sortie se prépare avant de résilier, jamais après. L'ordre compte : on vérifie d'abord qui est titulaire du nom de domaine, on récupère ensuite ce qui est récupérable, et on ne coupe l'abonnement qu'une fois le nouveau site prêt à prendre le relais. Couper d'abord, c'est se retrouver sans site pendant six semaines — et perdre au passage le peu de référencement acquis. Nous avons détaillé chaque étape, avec les délais officiels, dans notre guide pour changer de prestataire web.
Nous vendons des sites, pas des abonnements : nos offres sont à 699 € et 990 €, le site vous appartient, le nom de domaine est déposé à votre nom, et il n'y a pas de loyer. Nous avons donc un intérêt évident dans cette comparaison, et c'est la raison pour laquelle nous avons posé les chiffres plutôt que les adjectifs : vous pouvez refaire chaque division vous-même.
Ce que nous ne prétendons pas : qu'un site acheté rapporte des clients par le simple fait d'être acheté. Un site qui n'apparaît nulle part ne rapporte rien, qu'il soit loué ou possédé. Ce qui décide, c'est le référencement local et la fiche Google — un sujet que nous traitons dans fiche Google ou site internet, par quoi commencer. La propriété du site n'est pas ce qui vous rend visible ; c'est ce qui fait que le travail accumulé reste le vôtre.