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    Décider11 août 20268 min de lecture

    Changer de prestataire web : récupérer son domaine, son site et sa fiche Google

    Quatre actifs vous appartiennent et se récupèrent séparément : le nom de domaine, les fichiers du site, la fiche Google et les comptes de mesure. La procédure exacte pour chacun, les délais officiels de l'Afnic, et le recours quand l'ancien prestataire ne répond plus.

    L'équipe Sur le Radar

    Yasmine & Marius

    Changer de prestataire web : récupérer son domaine, son site et sa fiche Google

    Quitter un prestataire web ressemble à un déménagement dont on ne connaîtrait pas la liste des cartons. On sait qu'il faut « récupérer le site », et on découvre en cours de route qu'il ne s'agit pas d'une chose mais de quatre, qui appartiennent à des endroits différents, se réclament séparément, et ne se récupèrent pas au même rythme. Voici la liste, et la procédure pour chacune.

    Les quatre actifs, et pourquoi il faut les distinguer

    Ce que vous avez payé pendant des années se répartit en quatre choses distinctes. Les confondre est la première cause de perte.

    • Le nom de domaine : votre adresse. C'est le seul actif irremplaçable — un autre domaine, c'est un autre site aux yeux de Google, et tout le référencement acquis repart de zéro.
    • Les fichiers et les contenus : les pages, les textes, les photos, la structure. Ils sont refabricables, mais les réécrire coûte du temps.
    • La fiche Google : c'est un compte Google, indépendant du site. Elle porte vos avis, et les avis ne se transfèrent pas ailleurs.
    • Les comptes de mesure : Search Console, statistiques de fréquentation. Ils portent votre historique. Perdus, vous repartez sans mémoire.

    Faites cette liste sur une feuille, avec en face de chacune : qui la détient aujourd'hui, et avec quels identifiants. Neuf fois sur dix, cette feuille suffit à voir où se trouve le vrai risque, et il n'est presque jamais là où on l'attendait.

    1. Le nom de domaine : d'abord vérifier qui en est titulaire

    Avant toute négociation, vérifiez à quel nom votre domaine est déposé. Cette information est publique : la base Whois de l'Afnic, le registre des domaines en .fr, permet de l'interroger gratuitement. Deux cas de figure, et ils n'ont rien à voir.

    Si le titulaire est vous ou votre entreprise, le domaine est à vous, quoi qu'il arrive. Le prestataire n'en est que le gestionnaire technique, et il est tenu de vous en rendre la main. Vous demandez alors un code d'authentification — l'auth-info, aussi appelé code de transfert — que votre prestataire actuel doit transmettre au titulaire, et à lui seul. Vous le remettez à votre nouveau prestataire ou à votre nouvel hébergeur, qui déclenche le transfert.

    Les délais sont encadrés et publiés par l'Afnic dans son guide des procédures : le prestataire sortant dispose de huit jours pour s'opposer au transfert après notification ; s'il s'y oppose, l'opération est prolongée et se termine automatiquement au bout de vingt-deux jours. Autrement dit, même un prestataire qui traîne des pieds ne peut pas vous bloquer indéfiniment. Retenez ce chiffre : trois semaines, pas trois mois.

    Si le titulaire est l'agence, la situation est différente et il faut l'affronter tôt. Commencez par la voie amiable, par écrit : beaucoup d'agences transfèrent sans discuter, parce qu'un domaine retenu contre un client ne leur rapporte rien. En cas de refus ou de silence, il existe pour les domaines en .fr une procédure de règlement des litiges gérée par l'Afnic, la procédure Syreli. Elle suppose que vous puissiez faire valoir un droit antérieur sur le nom : une marque déposée à l'INPI, ou votre dénomination sociale telle qu'elle figure sur votre extrait Kbis ou votre inscription au répertoire des métiers. Un artisan dont le domaine reprend le nom de son entreprise est généralement dans ce cas.

    2. Les fichiers et les contenus : demander l'export par écrit

    Demandez explicitement, dans le même courrier que le domaine : une archive complète des fichiers du site, la base de données s'il y en a une, les photos en pleine résolution, et les accès à l'interface d'administration. Précisez « en pleine résolution » : les images d'un site sont compressées, et une photo de chantier récupérée depuis une page web est inutilisable pour un nouveau site.

    Si le contrat était une location, il est possible que rien de tout cela ne vous soit dû. Vérifiez la clause avant de vous fâcher — c'est exactement le point que nous détaillons dans louer ou acheter son site internet. Dans ce cas, gardez au moins vos textes : copiez-les dans un document, page par page. Ils vous ont coûté du temps à valider, et ils sont à vous d'une manière ou d'une autre.

    Un conseil pratique qui évite bien des ennuis : faites cette récupération pendant que l'abonnement court encore. Un compte suspendu est un compte dont on ne télécharge plus rien.

    3. La fiche Google : le plus souvent oubliée, et la plus douloureuse à perdre

    La fiche Google est un compte séparé. Si c'est l'agence qui l'a créée, c'est elle qui en est propriétaire, et vous n'y avez peut-être qu'un rôle de gestionnaire — c'est-à-dire le droit de modifier, mais pas celui de donner les clés à quelqu'un d'autre.

    Vérifiez votre rôle dans les paramètres de la fiche. S'il est écrit « gestionnaire » et non « propriétaire », demandez un transfert de propriété avant de rompre la relation. C'est une manipulation de deux minutes pour celui qui la détient, et un parcours administratif de plusieurs semaines une fois qu'il ne répond plus. Google prévoit une procédure de réclamation quand le propriétaire est injoignable, mais elle demande de prouver que l'établissement est le vôtre, et elle prend du temps.

    Pourquoi c'est le point le plus sensible : vos avis vivent là. Un artisan noté 4,8 avec quarante avis a mis des années à les réunir, et aucun de ces avis ne se transporte sur une nouvelle fiche. Perdre la fiche, ce n'est pas perdre une page, c'est perdre la preuve accumulée. Nous détaillons son réglage dans notre guide de la fiche Google.

    4. Les comptes de mesure : Search Console et statistiques

    Demandez à être ajouté comme propriétaire de la propriété Search Console associée à votre domaine, ainsi qu'à votre compte de statistiques s'il en existe un. C'est ce qui vous permettra, plus tard, de savoir sur quelles recherches votre site apparaît, et de mesurer si le changement a servi à quelque chose. Sans ces comptes, vous jugerez votre nouveau prestataire à l'impression — ce qui est exactement la raison pour laquelle vous quittez l'ancien.

    On ne change pas de prestataire pour un site plus joli. On en change parce qu'on ne sait pas ce que le précédent a produit. Récupérez les instruments de mesure en premier.

    Protéger son référencement pendant la bascule

    Un changement de prestataire fait rarement chuter un site. Ce qui le fait chuter, ce sont trois gestes précis, tous évitables.

    • Changer les adresses des pages sans redirection. Si votre page « dépannage » passe de une adresse à une autre, l'ancienne doit rediriger vers la nouvelle, de façon permanente. Sans cela, Google trouve une page introuvable là où il avait un résultat classé.
    • Supprimer des pages qui recevaient des visites. Avant de simplifier la structure, regardez dans la Search Console quelles pages apparaissent déjà dans les résultats. Une page moche qui ranke vaut mieux qu'une belle page qui n'existe pas.
    • Laisser le nouveau site bloqué à l'indexation. Les sites en préparation sont volontairement rendus invisibles aux moteurs ; l'oubli de rouvrir cette porte le jour de la mise en ligne est l'erreur la plus banale, et la plus coûteuse. Elle se vérifie en une minute.

    Et un rappel de calendrier : même parfaitement exécutée, une bascule ne rend pas votre site plus visible du jour au lendemain. Google doit redécouvrir, réexplorer, puis reclasser — cela se compte en semaines, parfois en mois. Nous expliquons ces deux horloges distinctes dans le délai pour créer un site vitrine.

    L'ordre à respecter, en cinq étapes

    • Vérifier le titulaire du domaine dans le Whois, et le rôle détenu sur la fiche Google. Cinq minutes, et cela détermine tout le reste.
    • Envoyer une demande écrite unique : code d'authentification du domaine, export des fichiers et photos, transfert de propriété de la fiche Google, accès aux comptes de mesure. Par courrier électronique conservé, ou recommandé si la relation est déjà tendue.
    • Récupérer, vérifier que les fichiers s'ouvrent, et seulement ensuite lancer la fabrication du nouveau site.
    • Mettre le nouveau site en ligne, avec les redirections des anciennes adresses en place le jour même.
    • Résilier l'ancien contrat une fois, et une fois seulement, que tout ce qui précède est fait.

    Cet ordre paraît lent. Il l'est moins que de reconstruire une fiche Google et quarante avis. Si vous préférez ne pas gérer ces démarches vous-même, nous les prenons en charge à votre place : voyez nos réalisations, dont plusieurs sont des reprises de sites existants, et le détail de notre offre.

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